Barcelone ‘Underground’

Hilde Teerlinck

https://blogs.mediapart.fr/hilde-teerlinck/blog/201116/hilde-teerlinck-barcelone-underground

J’ai pu remarquer –lors d’une visite récente à Barcelone – une ville dans laquelle j’ai commencé ma carrière artistique, qu’on peut parler d’un ‘revival’ d’une certaine nouvelle scène artistique.  Elle est menée par des individus (la plupart des artistes, mais aussi quelques jeunes commissaires). Les projets que j’ai eu la chance de découvrir récemment m’ont agréablement surpris à cause de leur fraîcheur et à cause des idées nouvelles qui étaient défendues.

Comme exemple je peux vous parler d’une initiative d’un artiste local, Bernat Daviu (assistant de l’artiste reconnue Angela de la Cruz).  Ce jeune créateur a fondé dans son propre studio (baptisé ‘PASSATGE STUDIO’) une petite salle d’exposition où il programme régulièrement des expos des œuvres de ses amis.  Entre les expos récentes il y a eu entre autres : la dernière intitulée ‘Todo Hiper’ (Pere Llobera/Sergi Botella) ; ‘Les Marcel(s)’ (Duchamp/Broodthaers/Mariën/Vandeweyer – collection Paternoster) ; ‘Les muscles de Zarathustra’ (Marcel Rubio/Victor Balcells) ou ‘El collecionista absent’ (Rafael G. Bianchi/Lua Coderch).

Les Marcel(s) © Bernat DaviuLes Marcel(s) © Bernat Daviu

L’artiste/organisateur de ces évènements est surtout actif comme producteur de projets hybrides qui sont des espèces d’hommage à des grandes figures de l’art moderne (Picasso, Malevitch), mais il crée aussi des performances gastronomiques, qu’il définit lui-même comme des ‘caterings’ contemporains.

Un autre espace similaire – qui se trouve  également un peu dans un quartier oublié de la ville (bien que plus centrique) est la galerie HANS & FRITZ CONTEMPORARY.  C’est une vraie galerie d’art, fondé par l’artiste Espagnol/Danois Erik Marc  Trensig.  Les expositions que j’ai pu voir là-bas avaient toujours des titres attractifs : ‘Chimaera’ ; ‘/O’ ; ‘Fuck the Poor’ or ‘Human Being Human’.

Cette dernière exposition consistait d’une série de performances fragmentée, réalisée par l’artiste Lilibeth Cuenca Rasmussen (Phillippines/Denmark).  A la foire de l’art contemporain locale ‘SWAB’ elle avait présenté une pièce emblématique de son répertoire, intitulée ‘Lucy’.  Un hommage a la première femme humaine – une méditation sur l’archéologie, le passage du temps et nos relations avec ‘la terre’.  Son intervention/performance consistait à se présenter toute nue, comme un fossile vivant, couvert complètement par un bain de boue rouge.  Les références à des performances de par exemple Ana Mendieta me venaient tout de suite à l’esprit.  Ensuite elle a continué cette expérimentation dans l’espace de la galerie dans des performances avec des artistes invités.  Ainsi est né petit à petit un étrange ‘gesammtkunstwerk’ avec la matière (la terre/la boue) comme sujet principal et avec pleins de références à des traditions ancestrales.

Une autre initiative intéressante s’appelle BAR PROJECTS : il s’agit d’un collectif de jeunes commissaires (Juan Canella/Andrea Rodriguez Novoa/Veronica Valenti), qui volontairement se sont positionné en dehors du circuit officiel des musées et des centres d’art.  Leur programme est expérimental et se déroule dans des endroits très divers.  On pourrait le définir d’un projet nomade.  Mais en même temps ils organisent des résidences pour artistes et collègues/ commissaires et organisent sporadiquement des expositions ou des présentations au public.  Ce qui est nouveau dans leur approche est une détermination de s’ouvrir à l’international.  Avec Hilde Teerlinck, ils ont participé à les FLOW SERIES de la Fondation Tapiès en présentant l’artiste Coréenne Sojung Jun.

Peut-être cela est l’aspect de ce renouveau dans la scène Barcelonaise : on ressent une vraie volonté de combattre la tendance locale de se concentrer trop sur le local et le régional.  Les trois exemples que j’ai voulu évoquer ici, montrent clairement que le ‘underground’ de Barcelona est sans doute un vrai mouvement qui aura bientôt de plus en plus d’importance.  Sans doute la ‘léthargie’ et la manque d’idées et de créativité de certaines institutions consolidés locales, aide à donner plus d’effet et de résonance à leurs initiatives. Bienvenues soient-ils.

Hilde Teerlinck

Hilde Teerlinck est critique d’art et commissaire d’exposition d’art moderne et contemporain.

SHARE: Facebook Twitter

Noticies anteriors:

Artículo de Postpostpost sobre la exposición Todo Hiper
Swab 2016
CERO
Art Nou primera visió
Outfield